NOTE
— The following text by Michel François was originally
published in Bulletin No. 10 (1974-1976), on the 50th
anniversary of ICHS.
Michel François was Secretary General from 1950 to 1980.
Cinquante
ans d'histoire
du
Comité International des Sciences Historiques
1976
est l’année du cinquantenaire du Comité International
des Sciences Historiques (C.I.S.H.), puisque c’est le 15
mai 1926 qu’il fut fondé dans le grand salon du Palais
de l’Athénée de Genève où la
Société des Arts tenait régulièrement
ses séances et où, en octobre 1863, avait été
fondée la Croix-Rouge. Deux inscriptions rappellent ce
double événement : la Croix-Rouge a la sienne, au-dessus
de la porte principale, en lettres d’or capitales; celle
du Comité, en minuscules d’argent, y a été
apposée au-dessus d’une porte latérale au
cours d’une cérémonie que présida le
7 septembre 1938, à l’issue du VIIIe Congrès
international de Zurich, Ad. Audéoud, président
de la Société des Arts, et où prirent successivement
la parole Waldo L. Leland, nouveau président, H. Temperley,
président sortant, et Michel Lhéritier, secrétaire
général du C.I.S.H. Le Comité comptait alors
douze ans d’existence et les orateurs se sont attachés
à dresser le bilan de ses réalisations, aussi nombreuses
que diverses, qui s’inscrivaient à son actif pendant
ces douze années, interrompues, il est vrai, par les quatre
années qu’avait duré la Première Guerre
mondiale. Un an plus tard, la Deuxième Guerre mondiale
allait à nouveau interrompre ses activités, avant
qu’il ne renaisse de ses cendres en 1948. Il a paru bon,
après ce demi-siècle écoulé, de placer
au fronton de ce nouveau Bulletin d’Information, le dixième
de la nouvelle série, non plus la brève évocation
que j’avais faite du passé du C.I.S.H. telle qu’elle
figure dans les numéros qui l’ont précédé,
mais un rappel circonstancié de ce que furent ses commencements
et les formes de son développement, les grands principes
dont se réclamèrent ses animateurs et les résultats
auxquels ils surent parvenir. Pour ce faire, j’ai largement
puisé dans la suite des douze volumes que constituent les
quarante-sept Bulletins publiés entre octobre 1926 et janvier
1943 par mon lointain prédécesseur au Secrétariat
général, Michel Lhéritier, dont les archives
n’ont malheureusement pas été conservées
après la suppression, pendant la guerre, de l’Institut
international de Coopération intellectuelle où ce
qu’il en restait avait été entreposé
– et l’on ne saurait trop regretter cette disparition.
On ne regrettera pas moins que l’un des fondateurs du C.I.S.H.,
Waldo G. Leland, n’ait pas pu consigner par écrit
les souvenirs qu’il gardait, comme le Bureau l’avait
invité à le faire en 1958. Pareille demande avait
été adressée à Halvdan Koht, autre
membre fondateur et premier président du C.I.S.H., dont
nous avons pu publier en 1962 l’émouvante plaquette
qu’il rédigea sous le titre The Origin and Beginnings
of the International Committee of Historical Sciences : Personal
Remembrances. Mais parce que j’ai eu la chance de connaître
l’un et l’autre et que, de par la confiance que m’ont
faite mes pairs en me portant en 1950 au Secrétariat général
et qu’ils n’ont pas cessé, depuis lors, de
me renouveler, je me suis véritablement identifié
avec le Comité, j’ai non seulement pu recueillir
une tradition bien vivante mais œuvrer aux côtés
de tous ceux qui ont donné au C.I.S.H. son vrai visage
et en ont fait l’une des organisations internationales les
plus marquantes du monde savant de notre temps.
*
* *
On
sait que c’est à Bruxelles, au cours du Ve
Congrès international des Sciences historiques qui s’y
tenait en 1923, qu’est née l’idée d’un
Comité international des historiens, sous la forme d’un
vœu présenté par James T. Shotwell de Columbia
University et qui fut adopté à l’unanimité.
Depuis 1900, en effet, où s’était tenu à
Paris le 1er Congrès international d’Histoire
comparée (tel était son titre), les historiens s’étaient
retrouvés à Rome en 1903, à Berlin en 1908
et à Londres en 1913. Le cinquième Congrès
avait été prévu à Saint-Petersbourg
en 1918, mais il ne put naturellement pas avoir lieu et c’est
à la suggestion de la Royal Historical Society de Londres
que, pour marquer le redressement de leur pays durement éprouvé
par la guerre, les historiens belges organisèrent à
Bruxelles le Ve Congrès. Jusqu’alors les
Congrès — dont on notera la périodicité
quinquennale à partir de 1903, et qui est encore de règle
aujourd’hui — n’étaient que des rencontres
temporaires qui rassemblaient sans doute chaque fois entre 700
et 1 000 participants, mais qu’aucune organisation permanente
ne reliait entre eux. Il y avait là un inconvénient
évident et c’est pour y remédier qu’à
la suite du vœu présenté par James T. Shotwell,
le Bureau organisateur du Congrès de Bruxelles, que présidait
Henri Pirenne, se constitua en Comité provisoire avec,
pour secrétaire, Waldo G. Leland. Ce dernier résidait
alors depuis plusieurs années en France où l’avaient
appelé ses recherches personnelles; membre influent de
l’American Council of Learned Societies dont il devait devenir
le directeur en 1927, il obtint de la Rockefeller Foundation,
par l’intermédiaire de l’American Historical
Association, les fonds nécessaires pour permettre la réunion
à Genève d’historiens qui devraient constituer
le Comité international. Le Comité provisoire de
1923, qui avait lancé les invitations, comprenait outre
son président, Henri Pirenne, les professeurs de Crue (Genève),
Dembinski (Varsovie), de Sanctis (Turin), Homolle (Paris), Shotwell
(New York), Tout (Manchester), Vinogradoff (Oxford) auxquels s’étaient
joints les membres belges du Comité organisateur du Congrès
de Bruxelles, MM. Fr. Cumont, des Marez, Terlinden, Ganshof et
le R. P. Delehaye. Il s’était augmenté en
1924 de MM. Dopsch (Vienne), Koht (Oslo), Leland en tant que membre
de la Carnegie Institution, Lhéritier, professeur en mission
à l’Institut international de Coopération
intellectuelle, délégué de la Société
d’Histoire moderne de Paris, L. Mirot, conservateur aux
Archives nationales de Paris, délégué de
la Société de l’École des chartes,
et Powicke (Manchester).
Sur
les 27 pays invités, 19 furent effectivement présents
à Genève les 14 et 15 mai 1926; dans le discours
d’ouverture qu’il prononça le 14, Henri Pirenne
appela à la constitution du Comité qui serait l’«Internationale
des historiens» et allait compter au départ, constata-t-il,
déjà plus de membres que la Société
des Nations.
Les
membres présents s’attachèrent tout de suite
à la rédaction des Statuts dont Waldo G. Leland
avait établi un premier projet, le texte en français
devant seul avoir valeur officielle. La discussion porta moins
sur les buts du Comité, sur lesquels tout le monde fut
tout de suite d’accord, que sur le nombre des assesseurs
du Bureau (on s’arrêta à quatre) et sur le
montant de la cotisation (il fut décidé, après
un long débat, qu’elle serait la même pour
tous). Le premier Bureau fut élu le 15 avec pour président
H. Koht, le prochain Congrès devant se tenir en 1928 à
Oslo, pour secrétaire général Michel Lhéritier
en raison de sa connaissance des langues, et de ses amitiés
internationales. Furent désignés ensuite comme vice-présidents
H. Pirenne (qui avait refusé la présidence) et Dopsch,
et comme assesseurs, Meinecke (Allemagne), Temperley (Grande-Bretagne),
de Sanctis (Italie) et Dembinski (Pologne).
Ainsi
donc, et dès le départ, le C.I.S.H. se donna comme
une émanation des groupements nationaux d’historiens;
on comprend donc qu’ils aient été seuls à
être mentionnés dans les Statuts jusqu’en 1950
où leur furent associés les grands groupements par
discipline désignés sous l’appellation d’organismes
internationaux affiliés; encore ceux-ci ne pouvaient-ils
intervenir dans le vote sur la réforme des Statuts.
Les
historiens réunis à Genève avec, à
leur tête, le premier Bureau qu’ils venaient de désigner
n’eurent aucune peine à définir les tâches
du Comité : organe de liaison et d’information, il
devait promouvoir aussi les études historiques dans le
monde et, pour ce faire, procurer aux historiens les instruments
de travail qui leur faisaient encore défaut et organiser
les grands congrès quinquennaux où ils se retrouveraient.
Il fut donc décidé que le Comité publierait
un «Annuaire bibliographique international», qui devait
être l’International Bibliography of Historical
Sciences, et lancerait de grandes enquêtes sur l’organisation
des études historiques, et dans un premier temps, à
l’intérieur des pays membres, que recueillerait un
Bulletin d’information dont le premier numéro
parut dès le mois d’octobre 1925 sous le titre, qui
devait être le sien jusqu’à sa disparition
en 1943, de Bulletin of the International Committee of Historical
Sciences, à raison de trois ou quatre fascicules par
an, publiés en français aux Presses universitaires
de France à Paris. Une telle périodicité
dit assez l’importance qu’on voulut lui donner dès
le départ. De fait la rédaction absorba une grande
partie de l’activité du secrétaire général
Michel Lhéritier lequel consacra d’ailleurs la totalité
de son temps au C.I.S.H. et toucha en conséquence —
heureux temps!… — un traitement, qui, de 375 dollars
qu’il était en 1927, s’éleva à
1 375 dollars en 1933 et 16 000 F. français en 1939;
encore se reposa-t-il entièrement, à partir de 1933,
sur un collaborateur de nationalité hongroise, le Dr. T.
Barath, attaché à l’Institut international
de Coopération intellectuelle, pour la rédaction
du Bulletin.
Dans
l’euphorie des commencements et grâce aussi, il faut
le dire, à l’aide financière qu’il reçut
tous les ans de la Rockefeller Foundation (elle était en
1938 de 10 880 F. suisses), le C.I.S.H. déploya une activité
considérable, dont témoignent les fascicules du
Bulletin qui en recueillaient les fruits : une enquête sur
l’organisation des études historiques dans chacun
des 27 premiers pays membres est menée activement, que
suivront à partir de 1930, les travaux préparatoires
à un recueil des Constitutions des différents pays,
à une chronologie critique des histoires nationales, à
l’établissement d’une liste des représentants
diplomatiques depuis les traités de Westphalie, à
une bibliographie de l’histoire de la presse. Dès
1930 une autre enquête est entreprise sur les modalités
de l’enseignement de l’histoire par pays aux trois
niveaux : primaire, secondaire et supérieur, sous la direction
de Gustave Glotz. D’autres projets sont envisagés
lors de la première Assemblée générale
tenue à Göttingen les 13 et 14 mai 1927 : publication
d’une revue internationale d’histoire économique,
voire d’une revue internationale d’histoire générale,
organisation d’un office de traduction d’ouvrages
d’histoire écrits dans des langues à diffusion
restreinte, etc. Tous ne verront pas le jour; ils témoignent
en tout cas de l’enthousiasme qui a marqué les premières
années du C.I.S.H.; ils sont à l’origine de
la constitution, au sein du Comité, de «commissions
intérieures» chargées d’en assurer la
réalisation. Ces commissions intérieures seront
au nombre de 13 en 1939 : commissions de publication, d’histoire
diplomatique, d’histoire des constitutions, d’enseignement
de l’histoire, d’iconographie, de chronologie, d’histoire
de la presse, des archives, de géographie historique, d’histoire
des grands voyages et des grandes découvertes, d’histoire
militaire, d’histoire de l’Extrême-Orient et
d’histoire de la Baltique.
Une
remarque ici s'impose, qui n’est pas seulement de terminologie,
car elle touche à l’essence même du Comité.
Dès 1928, en effet, celui-ci s’était acquis
la collaboration étroite d’importants groupements
d’historiens spécialistes d’histoire littéraire
moderne, d’histoire des sciences, ou rattachés à
l’étude d’un thème, entre autres l’histoire
du pacifisme, l’histoire du despotisme éclairé,
etc., qui prirent le nom de «Commissions extérieures»
parce qu’elles jouissaient d’une réelle autonomie.
Ces commissions extérieures étaient au nombre de
12 en 1939 : commissions d’histoire littéraire moderne,
d’histoire des sciences, d’histoire coloniale, d’histoire
des Assemblées d’États, de numismatique, d’histoire
des mouvements sociaux, d’histoire du pacifisme, d’histoire
de la banque et des changes, d’histoire du despotisme éclairé,
de démographie historique, des Archives du Vatican et des
abréviations.
On
notera que le C.I.S.H. entendait ainsi couvrir tout le champ de
l’histoire, voire même de la préhistoire comme
en témoignent les programmes des Congrès de Varsovie
(1933) et de Zurich (1938), alors que les spécialistes
de ces disciplines constituent aujourd’hui autant de comités
autonomes et qui se situent sur le même plan que lui. Par
contre les commissions intérieures se trouvaient placées
sous la tutelle étroite du Comité qui désignait
les responsables de leurs travaux et auquel elles devaient rendre
compte de leurs activités à chaque Assemblée
générale; ces rapports ont été régulièrement
publiés dans le Bulletin.
Ce
sont les Assemblées générales qui avaient
également à se prononcer sur l’admission de
nouveaux pays membres dont la candidature avait auparavant été
examinée par le Bureau. Dix assemblées générales
se sont tenues entre 1927 et 1938 successivement à Göttingen
(1927), Oslo (1928), Venise (1929), Cambridge-Oxford-Londres (1931),
Budapest (1931), La Haye (1932), Varsovie (1933), Paris (1934),
Bucarest (1936) et Zurich (1938), entourées toujours d’un
certain apparat qui témoigne assez de l’intérêt
que leur portaient les pays invitants. Dix-neuf pays avaient été
représentés, on l’a vu, à Genève
en 1926 où ils avaient composé l’assemblée
que l’on peut appeler «constituante» du C.I.S.H.,
à savoir l’Allemagne (H. Reincke-Bloch et K. Brandi),
l’Autriche (Dopsch et H. Steinäcker), la Belgique (H.
Pirenne), le Brésil (A. de Castro), la Bulgarie (J. Ivanoff),
le Danemark (A. Friis et A. Linvald), l’Espagne (N. d’Olwer
et R. d’Alos- Moner), la France (G. Glotz et M. Lhéritier),
l’Italie (C. Caliste et G. de Sanctis), le Japon (I. Nitobe),
la Norvège (H. Koht et E. Bull), les Pays-Bas (H. T. Colenbrander),
la Pologne (Dembinski et M. Handelsman), le Portugal (A. Ferrao),
la Roumanie (V. Parvan), la Suède (C. Hallendorff), la
Suisse (F. de Crue et E. Favre), la Tchécoslovaquie (J.
Susta) et les États-Unis (W. Leland). Une grève
des transports avait empêché le représentant
de la Grande-Bretagne d’être présent. Les pays
de la vieille Europe y étaient donc en écrasante
majorité et, comme me l’a rappelé plus d’une
fois H. Koht, plus d’un délégué —
et particulièrement H. Pirenne — avaient dû
forcer leurs propres sentiments pour admettre que l’Allemagne
fût représentée : or non seulement elle le
fut, mais un Allemand F. Meinecke fut choisi comme l’un
des quatre membres assesseurs du premier Bureau; il devait d’ailleurs
dès l’année suivante être remplacé
par Brandi; la volonté d’apaisement et les considérations
d’ordre strictement scientifique l’avaient emporté
sur le ressentiment.
À
la première assemblée générale de
Göttingen, la part de l’Europe est encore prépondérante
avec l’admission de Danzig, considéré comme
État indépendant, de l’Esthonie, de la Finlande,
de la Grèce, de la Hongrie et de la Yougoslavie, mais déjà
l’ouverture se fait plus grande avec l’élection
de l’Algérie-Tunisie dont la qualité de colonie
ou de protectorat ne fut pas retenue comme dirimante. L’éventail
s’ouvre plus encore à Oslo en 1928 avec l’entrée
de l’Amérique latine, en l’espèce le
Chili et l’Uruguay et celle de la Turquie auxquels s’ajoutent
à Venise en 1929, le Canada et l’Ukraine. Suivent
en 1931 l’Égypte, l’Inde (British India), la
Lettonie, la Lithuanie, Malte, en 1933 l’Équateur
et l’Indochine, en 1935 l’Argentine, le Mexique et
la Russie. À la suite d’un long voyage que le président
du C.I.S.H. d’alors, H. Temperley, fit en Extrême-Orient
en 1936-1937, c’est la Chine (Academia Sinica) qui sera
admise à Zurich en 1938; la Cité du Vatican y entre
la même année. Au total 44 pays dont 14 extra-européens
constituaient le Comité International des Sciences Historiques
à la veille de la Deuxième Guerre mondiale, et si
le nombre de ses Commissions intérieures avait été
ramené à 11, celui de ses Commissions extérieures
s’était élevé à 17.
Le
C.I.S.H. avait d’autre part à son actif un nombre
important de publications dont la plus considérable est,
on l’a dit, le Bulletin of the International Committee
of Historical Sciences, avec ses 12 volumes de quelque 500
à 600 pages chacun, constitués au total de 47 fascicules.
Si le Bulletin a pris de telles dimensions c’est qu’il
a servi à la publication non seulement des grandes enquêtes
menées par le Comité dont il a été
fait état plus haut, mais aussi des travaux réalisés
par nombre de ses commissions extérieures et surtout des
rapports, communications et même Actes des Congrès
d’Oslo, de Varsovie et de Zurich. Y figurent également
les comptes rendus, présentés souvent avec force
détails, des réunions du Bureau et des Assemblées
générales.
L'International
Bibliography of Historical Sciences dont le Bureau de rédaction
était dirigé à Paris par Pierre Caron, alors
conservateur en chef et futur directeur des Archives de France,
avait eu des débuts plus difficiles. C’est seulement
en 1930 que sortit le premier volume qui était consacré
à la production de l’année 1926 et le deuxième
volume (1927) ne parut qu’en 1932. Un tel retard enlevait
à cet instrument de travail toute utilité; il put
être heureusement résorbé puisque le deuxième
volume, paru en 1937, recensait la production de 1935. La publication,
interrompue par la Deuxième Guerre mondiale, a repris dès
1946 et a paru depuis, régulièrement, sous ma direction
: le vol. XLII (1973) est actuellement sous presse.
Ont
été également publiés par les soins
du C.I.S.H. avant 1940 : Bibliographie d’histoire coloniale
(1900-1930), 1932; Tableau de l’expansion européenne
(XIIe-XIXe s.), 1935; Repertorium der diplomatischen
Vertreter aller Ländern, t. I, 1936 (le tome II a paru en
1950 et le t. III et dernier en 1965); Bibliographie des grands
voyages et des grandes découvertes (1937); Répertoire
chronologique des littératures modernes (1935); La costituzione
degli stati nell’età moderna, t. I, 1936; History
of the Principal Public Banks, 1934; Répertoire chronologique
des littératures modernes, 1935.
J'ai
fait, à plusieurs reprises déjà, allusion
aux grands Congrès internationaux des Sciences historiques
dont le C.I.S.H. a repris à son compte l’organisation
dès sa fondation, ceux d’Oslo en 1928, de Varsovie
en 1933 et de Zurich en 1938. Jusqu’alors, c’est-à-dire
depuis 1900, l’initiative des congrès avait été
prise et la préparation en avait été assurée
par un seul comité national, celui du pays invitant. À
Oslo, pour la première fois, ce sont tous les comités
nationaux qui ont participé, grâce au C.I.S.H., à
son organisation par une large consultation destinée à
définir les thèmes qui y seraient traités.
On ne peut ici que souligner l’intérêt de cette
procédure à laquelle on a toujours eu, depuis, recours,
mais il faut aussi mettre l’accent sur ce que pouvait avoir
déjà de novateur tel ou tel des sujets retenus,
ainsi à Oslo «Histoire et nationalité»
et «Histoire et iconographie», à Varsovie «Histoire
du despotisme éclairé», à Zurich «La
photo aérienne au service de l’histoire» et
«Histoire et cinéma». Toutefois aucune disposition
n’avait été prise pour décourager les
communications individuelles, et le Bureau du C.I.S.H. pouvait,
en 1934, regretter les dangers qui en découlaient, dont
les moindres n’étaient pas la dispersion, l’échantillonnage
et aussi le trop peu d’intérêt, et Halvdan
Koht eut ce jugement sévère : «Un Congrès
ne doit pas être considéré comme une exposition
universelle.» Mais c’est aussi le nombre des sections
qui était considérable, 14 à Oslo, 15 à
Varsovie et autant à Zurich où figuraient, il est
vrai, la préhistoire, l’histoire littéraire,
l’histoire de l’art et l’histoire des sciences,
et au total de 250 à 300 rapports et communications!
On
comprend que les congrès quinquennaux du C.I.S.H. aient
toujours attiré beaucoup de monde, même en un temps
où les facilités de transport n’étaient
pas celles que nous connaissons de nos jours : 950 participants
à Oslo, 1 031 à Varsovie, 1 205 inscrits pour Zurich,
mais 770 seulement présents; il est vrai que les événements
qui se développaient alors dans la conjoncture internationale
étaient bien faits pour créer l’inquiétude,
et l’invitation faite par Volpe au nom de l’Italie
de tenir le prochain Congrès à Rome en 1943, sera
sans suite...
Le
Bulletin touchait lui-même à sa fin. Le secrétaire
général Michel Lhéritier, isolé dès
le début des hostilités, se considérait alors
comme un gestionnaire intérimaire : après avoir
publié en janvier 1943, avec l’aide des autorités
d’occupation, le no 47 et dernier où l’on trouve
un projet d’enquête sur les révolutions à
l’époque moderne et contemporaine, il obtint d’être
nommé la même année professeur à la
Sorbonne, mais terminera sa carrière comme professeur à
Aix-en-Provence.
*
* *
La
tourmente passée, c’est en 1947 que furent entreprises
les premières négociations qui allaient permettre
au C.I.S.H. de renaître de ses cendres. Trois personnes
ont ici joué un rôle déterminant : Halvdan
Koht qui, devenu ministre des Affaires étrangères
de Norvège en 1939, avait suivi son roi en exil aux États-Unis
pendant la guerre, Hans Nabholz qui avait remplacé en 1946
comme président du C.I.S.H. Waldo G. Leland, élu
à ce titre en 1938, et Robert Fawtier qui, au retour d’une
longue et combien pénible déportation à Mauthausen,
avait été nommé professeur à la Sorbonne
et allait prendre une part essentielle à la création
en 1948 à Copenhague du Conseil international de la Philosophie
et des Sciences humaines dont il fut le premier secrétaire
général. La création de cet organisme, directement
rattaché à la nouvelle Organisation des Nations
unies pour la Science et la Culture — l’UNESCO —
et dont le C.I.S.H. fut l’un des membres fondateurs, allait
permettre au Comité, réduit alors à une douzaine
de comités nationaux qui avaient survécu à
l’épreuve de la guerre, de reprendre sa place au
sein des grandes organisations scientifiques. Pour témoigner
de sa renaissance, il n’était pas de meilleur moyen
que de tenir un Congrès à l’occasion duquel
serait réunie une Assemblée générale;
il fut décidé que le Congrès – le IXe
Congrès international des Sciences historiques –
aurait lieu en 1950 et qu’il se tiendrait à Paris
où l’UNESCO avait établi son siège.
Pour en assurer la préparation dans un si court laps de
temps, Robert Fawtier eut recours à l’aide de Charles
Morazé, directeur d’études à l’École
pratique des Hautes Études qui fut nommé secrétaire
général du C.I.S.H. mais résigna sa charge
aussitôt après le Congrès. Dans sa réunion
du 27 août qui précéda le Congrès,
un nouveau Bureau avait été élu et était
ainsi composé :
| Président |
Robert
Fawtier (Paris) |
| Vice-présidents |
Sir
Charles Webster (Londres) |
| |
Nils
Ahnlund (Stockholm) |
| Secrétaire
général |
Michel
François (Paris) |
| Trésorier |
Anton
Largiader (Zurich) |
| Membres
assesseurs |
Donald
C. McKay (Cambridge, Mass.) |
| |
Franz
Van Kalken (Bruxelles) |
| |
Luigi
Salvatorelli (Rome) |
| |
Heinrich-Felix
Schmid (Vienne) |
| |
Silvio
Zavala (Mexico) |
| Membres
conseillers |
Halvdan
Koht (Oslo) |
| |
Waldo
G. Leland (Washington, D.C.) |
| |
Hans
Nabholz (Zurich) |
Ainsi
était renouée la chaîne des temps et assurée
la continuité avec le premier Comité grâce
à la présence de ses trois anciens présidents
lesquels figuraient au Bureau comme membres conseillers, conformément
à une décision prise déjà à
Varsovie en 1933. On notera aussi que le nombre des membres assesseurs
avait été porté de quatre à cinq;
il le sera à six en 1960.
Avec
ses 9 sections où la préhistoire, l’histoire
littéraire et l’histoire de l’art étaient
toujours représentées, le Congrès de Paris
était encore coulé dans le moule de ceux qui l’avaient
précédé avant la guerre, mais déjà
un effort avait été fait pour limiter le nombre
des communications individuelles et pour faire entrer celles qui
avaient été retenues dans le cadre général
du Congrès; les séances de l’après-midi
leur étaient réservées : il y avait là
une préfiguration de l’avenir. Avec ses quelque 1
100 inscrits, le Congrès avait aussi connu un plein succès;
Robert Fawtier pouvait en éprouver une légitime
fierté et au moment où, à ses côtés,
j’entreprenais une longue carrière au sein du C.I.S.H.
j’en recueillais directement les fruits.
Mais
il était aussi une autre manière de renouer avec
le passé que mon prédécesseur au Secrétariat
général, Charles Morazé, n’avait pas
eu le temps de réaliser, mais que les anciens membres du
Bureau et tout particulièrement sir Charles Webster me
pressèrent d’entreprendre lors de la première
réunion du nouveau Bureau à Stockholm en 1951 :
assurer la publication d’un nouveau Bulletin qui, comme
naguère, serait l’organe du Comité et servirait
de lien entre ses organisations membres. Les temps n’étaient
plus cependant où l’on pouvait envisager une publication
à raison de trois fascicules par an à quoi, on l’a
vu, Michel Lhéritier avait consacré, avec son adjoint
T. Barath, une grande part de son activité. Pour moi aussi
la situation était tout autre : en prenant le secrétariat
général, je n’avais pas — et je n’ai
jamais — renoncé à mes obligations professionnelles
aux Archives nationales puis à partir de 1953 à
l’École des chartes. Il n’était pas
prévu d’autre part que je reçoive —
et je n’ai jamais reçu — aucun salaire pour
l’exercice de ma charge et j’ai œuvré
seul. Au reste, il n’était plus question de recevoir
une aide quelconque de la Rockefeller Foundation et les rapports
présentés au Congrès de Paris comme les Actes
du Congrès avaient fait l’objet — ainsi qu’ils
le feront toujours par la suite — d’une publication
spéciale. Pour parer au plus pressé et pour répondre
au souhait exprimé par l’Assemblée générale
de Bruxelles en 1952, j’ai donc fait paraître en 1953
un Bulletin d’information, le premier de la nouvelle
série qui devait désormais porter ce titre sous
la forme d’un modeste fascicule de 28 pages que préfaça
Robert Fawtier en souhaitant que les organisations membres du
C.I.S.H. en fassent «une institution permanente, utilisable
et utilisée». Utilisable, elle l’était
certainement puisqu’on y trouvait, outre le texte des Statuts
qui n’avaient plus jamais été publiés
depuis leur première rédaction, la liste des 24
comités nationaux que comptaient alors le C.I.S.H. Le Bulletin
enregistrait également la décision prise à
Paris en 1950 d’accueillir au sein du C.I.S.H. des organismes
internationaux affiliés dont la définition avait
été introduite dans les Statuts et qui, au nombre
de quatre, remplaçaient — toute chose égale
d’ailleurs — les anciennes commissions extérieures.
Suivait la liste de 12 commissions dites désormais «internes»
auxquelles le C.I.S.H. confiait le soin d’assurer les publications
prises en compte par le Comité, grâce aux subventions
qu’il recevait désormais de l’UNESCO par l’intermédiaire
du Conseil international de la Philosophie et des Sciences humaines
(C.I.P.S.H.). Enfin des indications étaient fournies sur
les principales activités, présentes et à
venir, des comités nationaux et des organisations membres.
Le
Bulletin d'information a paru désormais régulièrement
à intervalles de deux ou trois ans; il en est aujourd’hui
à son dixième numéro, son volume a considérablement
augmenté; mais je déplore le peu d’empressement
que mettent trop de nos membres à me tenir au courant de
leur situation administrative, de leurs réalisations et
de leurs projets; nous déplorons aussi — mais c’était
déjà le cas pour l’ancien Bulletin —
qu’il n’ait pas la diffusion qu’il devrait avoir.
Dès
qu'il a été reconstitué, le C.I.S.H. a tenu
également à reprendre la publication de l’International
Bibliography of Historical Sciences dont le président
de la Commission de bibliographie, Julien Cain, m’a aussitôt
confié la direction que j’exerce encore présentement.
C’est là l’une des publications fondamentales
du Comité, le «drapeau du CISH» comme aimait
à le dire notre ancien président Federico Chabod,
et qui est un parfait exemple de collaboration internationale
et de continuité. Depuis 1930, quarante- deux volumes ont
paru, dont vingt-huit depuis 1946, comportant chacun quelque 7
000 à 8 000 notices, mais son prix de revient très
élevé et sa diffusion insuffisamment assurée
la maintiennent dans une situation constamment précaire.
Ont
été également publiés depuis 1950
: Bibliographie internationale des travaux historiques publiés
dans les volumes de «Mélanges» (2 vol.), Répertoire
des représentants diplomatiques de tous les pays depuis
la paix de Westphalie (3 vol.), La première internationale
(3 vol.), Bibliographie de la Réforme (7 fascicules), Bibliographie
internationale de l’Humanisme et de la Renaissance (en cours,
8 volumes parus), Bibliographie d’histoire des villes de
France, Elenchus fontium historiae urbanae, Bibliographie de l’histoire
des universités, Atlas de géographie ecclésiastique.
Depuis
la Deuxième Guerre mondiale, six Congrès internationaux
ont été organisés, respectivement les IXe
Paris (1950), Xe Rome (1955), XIe Stockholm
(1960), XIIe Vienne (1965), XIIIe Moscou
(1970), XIVe San Francisco (1975), et il ne peut être
envisagé d’énumérer ici tous les colloques,
symposia, voire congrès qu’ont tenus entre- temps
les organismes internationaux affiliés et les commissions.
Avec ses quelque 4 000 participants, le Congrès de
Moscou a connu une fréquentation record que l’éloignement
et l’ampleur des frais ont réduite à 1 500
à peine à San Francisco. Point n’est besoin
de rappeler ici les modifications intervenues d’un congrès
à l’autre à l’occasion des expériences
faites, mais c’est la formule elle-même des grands
congrès qui a pu être contesté et, aux États-Unis
mêmes, qui étaient pourtant le pays invitant en 1975,
une voix, qui se voulait autorisée, n’a-t-elle pas
parlé d’«extravagances» en allant jusqu’à
poser la question de savoir à quoi pouvaient servir ces
congrès, et même de quelle utilité pouvait
bien être le C.I.S.H. La réponse est aisée;
elle avait été donnée déjà
en 1950 par le président Hans Nabholz dans son discours
d’ouverture du Congrès de Paris : «les congrès
internationaux des sciences historiques sont une nécessité…
l’étude et l’interprétation des faits
de l’histoire générale subissent certainement
l’influence de nos sentiments nationaux… l’historiographie
d’un pays qui resterait fermé à l’étude
des questions qui sont traitées ailleurs que dans ses propres
frontières est exposée à la partialité…
Pour éviter ce danger, l’historien doit se donner
la peine de comparer le résultat de ses recherches sur
un sujet défini avec le travail analogue poursuivi par
les historiens d’autres pays… le chemin le plus sûr
pour réussir un tel effort consiste en un échange
d’idées, une discussion orale dans un congrès
international.» La réponse tient aussi dans le nombre
et la diversité des instruments de travail mis à
la disposition des historiens par le Comité qui seraient
plus considérables encore si les moyens matériels
lui en étaient donnés.
Ces
moyens viennent en effet pour l’essentiel, on le sait, des
subventions de l’UNESCO, mais il y a là un danger
qui n’a pas manqué d’apparaître à
plus d’une reprise lorsque la grande organisation internationale
a paru vouloir soumettre l’attribution de ces subventions
à l’exécution d’un programme préétabli
par elle : il y avait là un risque, et qui demeure, pour
les hommes de science que sont, entre autres, les historiens de
voir aliéner leur liberté au service d’une
cause ou d’une entreprise dont ils peuvent contester le
bien-fondé et c’est précisément à
la défense de la liberté de l’historien que
les responsables du C.I.S.H. se sont toujours attachés.
Il suffit pour s’en convaincre de relire les discours prononcés
à l’ouverture des Congrès de Paris (1950),
de Rome (1955), de Moscou (1970) et de San Francisco (1975) par
les présidents Nabholz, Ferrabino, Harsin et Boyd C. Shafer.
À
compter de 1950, le C.I.S.H. a tenu régulièrement
deux Assemblées générales tous les cinq ans
à l’occasion de la réunion de ses congrès
quinquennaux, l’une immédiatement avant, la suivante
immédiatement après le Congrès. Une autre
Assemblée générale a toujours été
réunie dans la période de cinq ans séparant
deux Congrès, en fait deux ans après le dernier
Congrès. Le Bureau s’est réuni statutairement
tous les ans répondant chaque fois à l’invitation
d’un pays membre. On trouvera ci-dessous la liste de ces
réunions.
La
tenue du Bureau aux États-Unis en 1958 a eu une signification
toute particulière. En répondant à l’invitation
que lui en avait faite son ancien président et membre fondateur
Waldo G. Leland, et en bénéficiant de l’accueil
de l’American Historical Association, le C.I.S.H. reprenait
contact avec ses origines; la présence de Halvdan Koht,
autre ancien président et membre fondateur du C.I.S.H.,
en était également le symbole. Malheureusement le
président en exercice, Federico Chabod, déjà
touché par le mal qui devait l’emporter, n’avait
pu faire le voyage; j’avais été le voir dans
la maison de repos où il se trouvait alors à Soprabolzano
dans le Tyrol quelques jours avant mon départ et c’est
là qu’ensemble nous avons rédigé le
nouveau texte des Statuts adoptés en 1960. Peu de temps
après, le représentant des U.S.A. au Bureau, Donald
MacKay disparaissait lui aussi prématurément; il
devait être remplacé par Boyd C. Shafer suivant la
recommandation qu’en avait faite Waldo G. Leland.
En
répondant six ans plus tard en 1964 à l’invitation
que lui avaient faite les historiens japonais de se tenir à
Tokyo, le Bureau, reconnaissant, marquait sa volonté de
nouer les liens les plus étroits avec l'Extrême-Orient,
tout en regrettant que la Chine nouvelle n'ait pas cru devoir
jusqu’ici reprendre au sein du C.I.S.H. la place qu’y
avait occupée ce grand pays avant la guerre.
Un
difficile problème a été posé au C.I.S.H.
par la candidature de comités nationaux émanant
de pays divisés en deux depuis les dernières hostilités.
Malgré les tentatives qui avaient été faites
dès la réintroduction des historiens allemands dans
le C.I.S.H. en 1950, et qui avaient réussi, pour maintenir
un seul Comité où seraient représentées
les deux Allemagnes, la scission devint définitive dès
1958, et c’est en 1970 que les deux Allemagnes comme les
deux Corées seront admises comme membres du C.I.S.H. séparément
: l’exemple de l’Irlande, qui a gardé un seul
Comité où figurent des historiens de la République
d’Irlande et de l’Irlande du Nord, n’a pas été
suivi…
Sans
doute, et parce qu’il est une institution bien vivante,
le C.I.S.H. doit s’adapter aux conditions nouvelles auxquelles
l’Histoire est confrontée. Il ne cesse de le faire
d’un congrès à l’autre dans le choix
des thèmes mis à l’Étude et tout autant
des réflexions qu’il suscite sur les problèmes
de méthodologie; il a ouvert le champ de la recherche aux
techniques les plus modernes et, s’agissant de son recrutement,
il a salué avec joie l’entrée dans son sein,
et précisément à San Francisco, de comités
nationaux des jeunes pays d’Afrique. Et c’est encore
pour satisfaire aux exigences de l’Histoire et de la collaboration
internationale qu’il est prêt à faire aux organismes
internationaux affiliés la même place que les comités
nationaux étaient seuls à avoir jusqu’alors
dans ses Assemblées générales. Car les hommes
qui président à ses destinées sont des hommes
de bonne volonté qui œuvrent dans le plus complet
désintéressement et pour le seul profit de l’Histoire.
Ainsi entendue, la grande organisation des historiens est assurée
de son avenir, de cet avenir que lui promettait déjà
son président H. Temperley en 1938 lors de l’inauguration
de la plaque commémorant la fondation du C.I.S.H. : «Chaque
Congrès était une assemblée d’individus
ou de nations, non pas une organisation vraiment permanente, internationale
et coopérative. À notre réunion de Genève,
nous avons triomphé : ce fut la gloire de notre réunion
ici d’avoir fait fonder une organisation très solide,
bien articulée, véritablement permanente et, comme
je l’espère, perpétuelle : Esto perpetua.»
De
mon côté, visitant après le Congrès
de San Francisco en 1975 l’université de Santa Cruz,
je n’ai pu m’empêcher d’appliquer à
notre Comité la qualification que s’était
donné l’un de ses collèges et qui y demeure
inscrite dans le marbre à la porte d’entrée
: «This community devoted to the pursuit of truth, in the
company of friends.»
À
ce jour, ces hommes et ces femmes unis dans l’amitié
et à la recherche de la vérité, les historiens
groupés au sein du C.I.S.H. sont répartis en 48
comités nationaux, 16 organismes internationaux affiliés
et 8 commissions. On pourrait penser que, par rapport à
1939, le C.I.S.H. n’a guère fait de progrès
en nombre, mais on retiendra qu’il a sensiblement augmenté
son ouverture vers l’Asie et l’Afrique. On notera
aussi qu’il s’est toujours donné comme règle
— et plus particulièrement après 1950 —
de ne pas multiplier le nombre de ses commissions pour éviter
la dispersion des efforts et des moyens.
Et
parce qu’au-delà de la lettre des Statuts, ce sont
les membres du Bureau qui ont, dans la confiance que leur ont
faite leurs pairs, reçu la charge d’en appliquer
l’esprit et de présider ainsi aux destinées
du Comité, il a paru qu’il n’était pas
de meilleure manière de clore cet historique que de donner
la liste des Bureaux qui se sont succédé à
la tête du C.I.S.H. depuis sa fondation :
BUREAUX
DU C.I.S.H. DEPUIS SA FONDATION
| 1926 Bureau
provisoire : |
| Président |
Koht
(Norvège) |
| Vice-présidents |
Pirenne
(Belgique), Dopsch (Autriche) |
| Secrétaire
général |
Lhéritier
(France) |
| Membres
assesseurs |
Meinecke,
puis Brandi (Allemagne), Temperley (Grande-Bretagne), de Sanctis
(Italie), Dembinski (Pologne) |
| |
|
| 1928 Premier
bureau élu : |
| Président |
Koht
(Norvège) |
| Vice-présidents |
Dopsch
(Autriche), Dembinski (Pologne) |
| Secrétaire
général |
Lhéritier
(France) |
| Trésorier |
Leland
(U.S.A.) |
| Membres
assesseurs |
Brandi
(Allemagne), de Sanctis (Italie), Temperley (Grande-Bretagne),
Susta (Tchécoslovaquie) |
| |
|
| 1933 |
|
| Président |
Temperley
(Grande-Bretagne) |
| Vice-présidents |
Dembinski
(Pologne), Brandi (Allemagne) |
| Secrétaires
généraux |
Lhéritier
(France), Barath (Hongrie) (adjoint pour le Bulletin) |
| Trésorier |
Nabholz
(Suisse) |
| Membres
assesseurs |
R.
P. Delehaye (Belgique), Domanowski (Hongrie), Nicolau d'Olwer
(Espagne), Ussani (Italie) |
| Membres
conseillers |
Koth,
Leland |
| |
|
| 1938 |
|
| Président |
Leland
(U.S.A.) |
| Vice-présidents |
Jorga
(Roumanie), Nabholz (Suisse) |
| Secrétaire
général |
Lhéritier
(France) |
| Trésorier |
Woodward
(Grande-Bretagne) |
| Membres
assesseurs |
Ganshof
(Belgique), Handelsmann (Pologne), Holtzmann (Allemagne),
Volpe (Italie) |
| Membres
conseillers |
Koth,
Leland |
| |
|
| 1948 |
|
| Président |
Nabholz
(Suisse) |
| Vice-présidents
|
Webster
(Grande-Bretagne), Fawtier (France) |
| Secrétaire
général |
Morazé
(France) |
| Trésorier |
Largiader
(Suisse) |
| Membres
assesseurs |
Lindvald
(Danemark), MacKay (U.S.A.), Stloukal (Tchécoslovaquie) |
| Membres
conseillers |
Koth,
Leland |
| |
|
| 1950 |
|
| Président |
Fawtier (France) |
| Vice-présidents |
Webster
(Grande-Bretagne), Ahnlund (Suède) |
| Secrétaire
général |
François
(France) |
| Trésoriers |
Largiader
(Suisse), puis Junod (Suisse) (1952) |
| Membres
assesseurs |
MacKay
(U.S.A.), Van Kalken (Belgique), Schmid (Autriche), Zavala
(Mexique), Salvatorelli (Italie), puis Chabod (Italie) (1952) |
| Membres
conseillers |
Koth,
Leland, Nabholz |
| |
|
| 1955 |
|
| Président |
Chabod
(Italie) |
| Vice-présidents |
Webster
(Grande-Bretagne), Ahnlund (Suède), puis Höjer
(Suède) (1957) |
| Secrétaire
général |
François
(France) |
| Trésorier |
Junod
(Suisse) |
| Membres
assesseurs |
MacKay
(U.S.A.), Brugmans (Pays-Bas), Mme Pankratova (U.R.S.S.),
puis Gouber (1957), Ritter (R.F.A.), Schmid (Autriche) |
| Membres
conseillers |
Koth,
Leland, Nabholz, Fawtier |
| |
|
| 1960 |
|
| Président |
Schmid
(Autriche)† (1963) |
| Vice-présidents |
Höjer
(Suède), puis Ritter (R.F.A.) (1962), Gouber (U.R.S.S.) |
| Secrétaire
général |
François
(France) |
| Trésorier |
Junod
(Suisse) |
| Membres
assesseurs |
Ritter,
puis Morghen (Italie) (1962), Carande (Espagne), Harsin (Belgique),
Jacob (Grande-Bretagne), Shafer (U.S.A.), Takahashi (Japon) |
| Membre
conseiller |
Fawtier |
| |
|
| 1965 |
|
| Président |
Harsin
(Belgique) |
| Vice-présidents |
Gouber
(U.R.S.S.), Shafer (U.S.A.) |
| Secrétaire
général |
François
(France) |
| Trésoriers |
Junod
(Suisse), puis Biaudet (Suisse) (1967) |
| Membres
assesseurs |
Engel-Janosi
(Autriche), Gieysztor (Pologne), Jacob (Grande-Bretagne),
Morghen (Italie), Tadié (Yougoslavie), Takahashi (Japon) |
| Membre
conseiller |
Fawtier†
(1966) |
| |
|
| 1970 |
|
| Présidents |
Gouber
(U.R.S.S.)† (1971), puis Joukov (U.R.S.S.) |
| Vice-présidents |
Shafer
(U.S.A.), Erdmann (R.F.A.) |
| Secrétaire
général |
François
(France) |
| Trésorier |
Biaudet
(Suisse) |
| Membres
assesseurs |
Takahashi
(Japon), Gieysztor (Pologne), Batllori (Espagne), Berza (Roumanie),
Hertzman (Canada), Lindberg (Suède) |
| Membre
conseiller |
Harsin |
| |
|
| 1975 |
|
| Président |
Erdmann
(R.F.A.) |
| Vice-présidents |
Gieysztor
(Pologne), Craig (U.S.A.) |
| Secrétaire
général |
François
(France) |
| Trésorier |
Biaudet
(Suisse) |
| Membres
assesseurs |
Batllori
(Espagne),Berza (Roumanie), Hertzman (Canada), Chandra (Inde),
Tønneson (Norvège), Demarco (Italie) |
| Membres
conseillers |
Harsin,
Joukov |
Depuis
la reconstitution du C.I.S.H. en 1948, le Bureau s’est réuni
successivement à : Paris (1950), Stockholm (1951), Bruxelles
(1952), Graz (1953), Lausanne (1954), Rome (1955), Madrid (1956),
Lausanne (1957), Cambridge (Mass.) et Washington (1958), Dubrovnik
(1959), Stockholm et Upsal (1960), Istanbul (1961), Londres (1962),
Varsovie (1963), Tokyo (1964), Vienne (1965), Budapest (1966),
Rome (1967), Lisbonne (1968), Liège (1969), Moscou (1970),
Dublin (1971), Herceg-Novi (1972), Barcelone et Madrid (1973),
Toronto (1974), San Francisco (1975), Ankara (1976).
Les
Assemblées générales se sont tenues à
: Paris (1950), Bruxelles (1952), Rome (1955), Lausanne (1957),
Stockholm (1960), Londres (1962), Vienne (1965), Rome (1967),
Moscou (1970), Herceg-Novi (1972), San Francisco (1975).
Paris,
juin 1976,
Michel
François
Membre de l'Institut de France
Secrétaire général du C.I.S.H.
