Princeton
25-26 août 2001

Reçu à l’invitation de l’American Historical Association, le Bureau s’est réuni dans la cadre du Shelby Cullom Davis Center Seminar Room du Dickinson Hall de l’Université Princeton, les 25 et 26 août 2001.

Membres présents : Jürgen Kocka, Président ; Eva Österberg, Vice-présidente ; Jean-Claude Robert, Secrétaire général ; Pierre Ducrey, Trésorier ; Catherine Coquery-Vidrovitch, Michael Heyd, William C. Jordan, Koichi Kabayama, José Luis Peset, membres assesseurs ; Ivan T. Berend, membre conseiller.

Étaient excusés : Gregory Bongard Levin, membre assesseur et Romila Thapar, Vice-présidente.

Étaient invités : Even Lange, Président du Comité d’organisation du XIXe Congrès (Oslo, 2000) et Martyn Lyons, Président du Comité d’organisation du XXe Congrès (Sydney, 2005).

Ordre du jour :
1. Ouverture et exposé du Président
2. Rapport du Secrétaire général
3. Rapport du Trésorier
4. Rapport sur le Congrès d’Olso
5. Rapport sur le Congrès de Sydney
6. Architecture du Congrès de Sydney
7. Plan d’action du CISH
8. Divers
9. Session spéciale sur les présentations scientifiques

Première séance du Bureau : samedi 25 août 2001.
Deuxième séance du Bureau : dimanche le 26 août 2001

1. Ouverture et exposé du Président

Le Président souhaite la bienvenue aux membres du Bureau et remercie chaleureusement, au nom du Bureau, l’American Historical Association ainsi que le professeur William C. Jordan, grâce auxquels la réunion de Princeton a pu être organisée.

Le Président présente ensuite une analyse de l’évolution du CISH depuis sa fondation. Il fait ressortir les trois grands moments de l’histoire de l’organisation : dès sa fondation, en 1926, le CISH a travaillé à normaliser la situation et à susciter la reprise des contacts scientifiques entre historiens européens fortement perturbés par les animosités nées de la Première Guerre mondiale. Il est à noter que dès le début, l’Amérique du Nord a joué un rôle déterminant dans la vie du CISH. Après la Seconde Guerre mondiale, le CISH a vu son rôle se transformer et est devenu le point de contact entre historiens de l’Ouest et de l’Est. Depuis fin de la Guerre froide, plus particulièrement depuis la chute du mur de Berlin en 1989, le CISH doit jouer un nouveau rôle, débordant largement l’Europe. Il lui faut prendre pleinement sa place d’organisation internationale s’adressant à tous les historiens du monde et travailler en particulier à étendre son action hors d’Europe et d’Amérique du Nord. Cette extension de son activité exige une révision des façons de fonctionner. Notamment, il conviendrait de susciter davantage de rencontres régionales entre les congrès quinquennaux. Dans ce sens, une meilleure division du travail entre les membres du Bureau apparaît particulièrement souhaitable. Des réseaux d’historiens couvrant la planète devraient voir le jour. En outre, un effort devrait être fait pour impliquer les historiens plus jeunes dans les travaux du CISH.

Une discussion s’ensuit. Yvan Berend exprime son accord sur l’extension du CISH et la nécessité d’atteindre les historiens plus jeunes. Eva Österberg souligne l’importance pour le CISH de continuer à s’intéresser aux réflexions théoriques liées au métier d’historien. L’histoire est une discipline éclectique et elle appelle à une plus grande préoccupation vis-à-vis de l’interdisciplinarité. Michael Heyd exprime son accord avec les propos du Président et appuie l’idée de rencontre régionales. José Luis Peset souligne quant à lui l’importance de la mise en place des contacts institutionnels et les besoins d’aide financière.

2. Rapport du Secrétaire général (septembre 2000-août 2001)

Le Secrétaire général souligne que l’organisation du secrétariat est à peu près terminée ; le mois prochain, une doctorante viendra prêter main forte pour la mise à jour régulière des dossiers du CISH. Une plus grande proportion des dossiers est désormais informatisée et le Secrétaire général utilise beaucoup le courrier électronique.

2.1 Fonctionnement du CSIH

Le Bureau est heureux d’accueillir à Princeton William Jordan et José Luis Peset, qui n’avaient pu assister à la réunion d’Oslo. Par ailleurs, l’état de santé de Theo C. Barker, membre conseiller, ne lui permet malheureusement plus de participer aux réunions du Bureau.

Le Bureau restreint (Jürgen Kocka, Jean-Claude Robert et Pierre Ducrey), s’est réuni à Berlin le 23 mars 2001. Le procès-verbal de cette séance, établi en français et en anglais, a été transmis à chacun des membres du Bureau.

La publication du Bulletin d’Information du CISH no 27 – 2001 sera faite d’ici la fin de novembre 2001. La livraison comportera tous les procès-verbaux des assemblées et réunions d’Oslo, ainsi que le rapport final du secrétaire général sortant, François Bédarida.

La prochaine assemblée générale du CISH se tiendra à Amsterdam, à l’invitation de la Société Royale Néerlandaise d’histoire, les 2 et 3 septembre 2002. Selon la règle, le Bureau se réunira une première fois avant l’assemblée, soit le 31 août et une seconde fois durant l’après-midi du 3 septembre. Voici l’horaire détaillé des rencontres:

vendredi 30 août: arrivée des membres du Bureau

samedi 31 août: réunion du Bureau
arrivée des délégués à l’assemblée générale

dimanche 1er septembre: symposium (organisé par les collègues hollandais)

lundi 2 septembre: assemblée générale

mardi 3 septembre: poursuite de l’assemblée générale l’avant-midi
Réunion du Bureau l’après-midi


La réunion du Bureau pour 2003 est prévue pour Sydney. Une discussion a lieu à l’effet de supprimer cette réunion parce qu'il serait très onéreux en temps et en argent de déplacer tous les membres du Bureau sur une très longue distance pour une courte réunion. La présence du Bureau à Sydney remplit une fonction, celle de vérifier l’état du site du congrès et de s’assurer que tout soit conforme aux besoins du CISH et aux engagements pris par le Comité d’organisation local. Par ailleurs, comme l’Assemblée générale se sera prononcée sur le programme scientifique du Congrès de Sydney l’année précédente, il n’y a pas encore beaucoup de décisions importantes à prendre cette année-là. Dans ce sens la réunion du Bureau en 2004 est beaucoup plus cruciale pour prendre des décisions sur d’éventuels changements. Le Bureau restreint de 2003 pourrait fort bien remplir cette fonction de visite des lieux.

La discussion fait ressortir que si les membres sont d’accord pour éviter ces coûteux déplacements, ils croient toutefois qu’une réunion du Bureau en 2003 demeure souhaitable et qu’il pourrait être difficile de s’en passer. La suggestion est alors faite d’examiner la possibilité de combiner une réunion du Bureau avec une rencontre régionale organisée dans le cadre des activités du Comité mixte CISH-UNESCO.

Comité Nationaux

Deux associations ont contacté le Secrétaire général pour obtenir des renseignements pour mettre sur pied des Comité nationaux ; il s’agit de l’Afrique du Sud et des Philippines.

Organismes Internationaux Affliliés.

La Commission Internationale de Démographie Historique a demandé sa transformation en Organisme International Affilié, se conformant ainsi à la décision de l’Assemblée générale de Prague (1992). Le Bureau exprime sa satisfaction de voir cette importante Commission se positionner pour mieux continuer son action.

Commissions Internes.

Dans la foulée d’une séance sur l’histoire du tourisme tenue à Oslo, un groupe d’historiens a mis sur pied une Commission Internationale pour l’histoire du voyage et du tourisme. Le Secrétaire général a examiné les statuts et la composition du Bureau de la Commission. Les statuts sont compatibles avec les grands principes du CISH et la composition du Bureau reflète un caractère international évident. Il propose la reconnaissance de cette commission par le CISH. Le Bureau du CISH appuie cette création et transmet sa recommandation à l’Assemblée générale.

Conseil International de la Philosophie et des Sciences Humaines (CIPSH)

Le CIPSH a tenu sa réunion biennale en octobre 2000 à Buenos Aires et le Secrétaire général y représentait le CISH. Le Conseil a élu un nouveau Bureau et réélu le Secrétaire général, Maurice Aymard. Les changements dans les relations entre le CIPSH et l’UNESCO, notamment au chapitre des subventions ont amené des transformations dans les façons de faire, mais dans l’ensemble, le CIPSH continuera à accorder son appui à la revue Diogène ainsi qu’à ses organismes constituants. Le CIPSH a subi une réduction de 20% de son budget de fonctionnement. Le CISH reçoit une petite subvention du CIPSH pour son congrès quinquennal. Le CIPSH poursuit des politiques semblables aux CISH , notamment à travers une volonté d’ouverture vers les pays hors d’Europe et d’Amérique du Nord. La revue Diogène a lancé un appel à ses organisations membres pour revoir des suggestions pour des numéros spéciaux thématiques. Rappelons qu’en 1994, le Secrétaire général François Bédarida avait dirigé un numéro consacré au thème de la «Responsabilité sociale de l’historien». S’il y avait des suggestions veuillez contacter le Secrétaire général.

Comité mixte CISH-UNESCO

En 1997, un comité mixte CISH-UNESCO a été mis sur pied pour organiser des rencontres régionales avec des historiens de l’Afrique, de l’Europe du Centre-Est et de l’Amérique latine [Voir Bulletin d’Information du CISH No 24 (1998): 26 et 56 et Bulletin d’Information du CISH No 25-26 (1999-2000): 40]. Les travaux de ce comité ont abouti à l’organisation de deux rencontres régionales, financées par l’UNESCO dans le cadre de son projet de promotion de la «Culture de la paix», l’une à Lublin en 1998 et l’autre à Bamako en 1999. Les retombées s’étaient aussi manifestées au Congrès d’Oslo en 2000, par l’organisation de deux ateliers sur le problème des frontières, l’un portant sur l’Europe du Centre-Est et l’autre sur l’Afrique. La réorganisation des finances de l’UNESCO a freiné les travaux du comité mixte, mais en mai 2001, nous apprenions du Professeur Jerzy Kloczowski, président du Comité mixte, le maintien de l’intérêt de l’UNESCO pour cette entreprise. De son côté, le CISH avait exprimé, à la réunion de son Bureau d’Oslo, son intérêt pour la poursuite des travaux de ce comité. Pour le Bureau du CISH, Catherine Coquery-Vidrovitch a participé à deux réunions informelles du Comité en mai et en juin et le Secrétaire général a eu un long entretien avec le Professeur J. Kloczowski, à Montréal, en juillet 2001. L’intérêt du CISH se porte vers l’organisation de rencontres régionales du côté de l’Afrique, du côté de l’Amérique latine ou des Caraïbes et aussi du côté de l’Europe centrale. Une réunion formelle du comité mixte est prévue à la fin d’octobre 2001, alors que le budget de l’UNESCO sera connu. Il est convenu que Catherine Coquery-Vidrovitch, José Luis Peset et Jean-Claude Robert y représenteront le CISH, le président Jürgen Kocka étant dans l’impossibilité d’assister à cette réunion.

Par ailleurs, un Congrès des historiens africains se tiendra à Bamako du 9 au 14 septembre 2001. Le CISH y sera représenté par Catherine Coquery-Vidrovitch et le Secrétaire général.

Publications par le CISH

Le Bulletin d’information No 27 (2001) sera publié à Montréal en novembre 2001. La question de l’opportunité de continuer la publication régulière du Bulletin est posée et suscite une discussion des membres du Bureau. Rappelons que le Bulletin est publié annuellement depuis 1985. Auparavant, la publication était irrégulière, une fois tous les cinq ans environ. L’ampleur du Bulletin a aussi augmenté avec les années, passant d’une centaine de pages à plus de deux cents. Le coût de cette publication est lourd pour les finances du CISH, car tant la préparation que l’impression et surtout la distribution postale représentent des frais importants. À Olso, le Bureau a décidé de réduire le nombre d’exemplaires expédiés systématiquement de 10 à 5 par Comité National et Organisme International Affilié. Cette réduction du tirage devrait permettre des économies du côté de l’impression et de la distribution.

La discussion fait ressortir deux éléments: l’importance de disposer d’un moyen efficace de communication et la nécessité pour le CISH d’avoir une «signature», une présence tangible, pour témoigner de ses activités et pour assurer la dissémination de l’information. Mais les problèmes demeurent toujours les mêmes. Le CISH n’a pas de membres individuels et dépend des Comités Nationaux et des Organismes Internationaux Affiliés pour faire circuler l’information contenue dans le Bulletin. Par ailleurs, la publication d’un bulletin plus léger, sur une base trimestrielle, serait trop lourde compte tenu des ressources actuelles du CISH et, de plus, un tel bulletin devrait contenir beaucoup d’informations qui se retrouvent ailleurs, notamment sur les différents réseaux H-Net. Toute diffusion élargie d’un bulletin sur support papier se heurte au problème de l’insuffisance des ressources financières et humaines du CISH. Finalement, l’opinion qui se dégage des discussions est de conserver le Bulletin imprimé, même si le site web du CISH contient toutes les informations nécessaires. En contrepartie toutefois, le Secrétaire général est d’avis que le nombre de pages du Bulletin devrait être réduit au strict minimum et que le CISH ne devrait pas tenter de le transformer en revue savante. Il doit demeurer un instrument d’information et de contact avec les organisations membres.

Par ailleurs, le Bureau du CISH entreprend une dernière tentative de faire publier une traduction anglaise d’une version réduite du livre de Karl Dietrich Erdman (Die Oekumene der Historiker), paru en 1987 et qui fait une histoire du CISH jusqu’en 1985 [Voir le compte rendu du Prof. I Veit-Brause dans la revue History and Theory, XXIX, 3 (1990) : 358-375]. Jürgen Kocka a pris contact avec diverses maisons d’édition et assurera le suivi.

Interventions du CISH

Le CISH est intervenu auprès du Comité National indien à propos de l’interruption de la publication de certains volumes de la série Towards Freedom. L’enjeu est dans ce cas la liberté d’expression des auteurs qui se voient soumis à ce qui ressemble à un geste de censure. Nous attendons toujours une réponse de nos collègues indiens sur ce sujet.

3. Rapport du Trésorier

Le Trésorier remet aux membres du Bureau des documents financiers (Comptes 2000, bilan) qu’il commente. Le bilan fait ressortir une situation financière saine, en dépit de quelques retards dans le paiement des cotisations annuelles. Certains Comités Nationaux et Organismes Internationaux Affiliés sont, sur ce plan, des plus lents à payer et ont laissé accumuler des arrérages de quelques années. Le Trésorier fait appel aux membres du Bureau pour l’aider dans la relance des Comité Nationaux dont les arrérages s’allongent. L’avoir du CISH (Capital et réserve) a subi les contrecoups de la crise qui touche les valeurs mobilières, mais dans l’ensemble, les placements sont suffisamment diversifiés pour éviter les très grandes pertes.

Le Trésorier attire l’attention des membres du Bureau sur le caractère instrumental des finances du CISH: les finances sont à la disposition du CISH pour atteindre ses objectifs institutionnels et non l’inverse. Par ailleurs, certains membres du Bureau posent la question d’une hausse des cotisations pour suivre l’évolution du coût de la vie ainsi que pour appuyer les projets de mondialisation du CISH, mais aucune décision n’est prise à ce sujet. Par ailleurs, Michael Heyd soulève la question des cotisations pour les Comité Nationaux en formation en proposant que le CISH se dote d’une structure de frais qui tienne compte de la capacité de payer réduite de certains pays ou régions. La discussion fait ressortir que le problème est rarement celui d’un manque de ressources pour payer une cotisation, mais bien davantage la difficulté de mettre sur pied une structure d’organisation qui soit efficace et puisse durer. Dans ce contexte, le Bureau a dans le passé fait tout ce qui était en son pouvoir pour aider les Comité Nationaux en formation et continuera à le faire. En outre, il y a un danger réel et préoccupant de créer ce qui deviendrait à terme une catégorie de membres de deuxième ordre. La discussion s’étend à la structure même du CISH et à sa base qui repose sur deux seules catégories, les Comités Nationaux et les Organismes Internationaux Affiliés. D’autres bases seraient possibles, soit par exemple des universités ou des regroupements d’universités ou d’autres formes d’associations. Le Bureau de 2002 pourra examiner la question de plus près. Il est à noter que tout changement de la base du CISH nécessiterait l’amendement des statuts du CISH.

4. Rapport sur le Congrès d’Oslo

Le Comité d’organisation du Congrès d’Oslo a préparé un rapport sur l’événement et en a fait parvenir des exemplaires aux membres du Bureau. C’est la deuxième fois qu’un tel rapport est présenté. L’initiative était venue du Comité d’organisation du Congrès de Montréal pour contribuer ainsi à construire une mémoire des congrès internationaux et surtout aider les organisateurs des congrès futurs. Even Lange présente les grandes lignes du rapport en soulignant les principaux points à surveiller. Le Congrès s’est très bien déroulé, mais le Comité fait état d’un déficit d’opération de 8% environ, qu’il doit résorber d’une manière ou d’une autre. Even Lange présente l’essentiel de son rapport en cinq points, sous forme de recommandations au Bureau pour l’organisation du prochain congrès.

a) Frais d’inscription
Le Comité norvégien est d’avis qu’il faut augmenter substantiellement les frais d’inscription au prochain Congrès. Les frais d’inscription n’étaient pas suffisamment élevés et devraient compter pour une plus grande proportion des revenus du Congrès. Ils représentaient 37 % des revenus à Montréal, mais 20 % seulement à Oslo et cette proportion devrait augmenter.

Le président du Comité norvégien fait le point sur la question financière du Congrès d’Oslo en soulignant qu’il avait basé ses prévisions budgétaires sur une augmentation substantielle du nombre de congressistes payants, eu égard au Congrès de Montréal (1995). Ses prévisions avaient été de 3 000 inscriptions payantes. Le fait que la totalité du budget ait été basé sur cet estimé est en grande partie la cause du déficit.

b) Image de marque
Les organisateurs du Congrès d’Oslo se sont efforcés de construire l’image de marque du CISH comme organisation unique par la généralité de ses intérêts en histoire et que cette image de marque devrait continuer à être développée.

c) Les procédures d’appel à communication devrait être revues
Le processus de sélection des thèmes est satisfaisant. Toutefois, l’appel à communication laisse à désirer. Les contributeurs putatifs ignorent tout de la procédure de sélection qui semble mystérieuse. Le Comité propose de laisser une plus grande latitude aux Organizers pour faire et gérer la sélection des participants.

d) Les Actes
L’idée de publier les Actes et les résumés de communications avant le début du congrès est très coûteuse et prend énormément de temps. Le Comité propose d’abandonner cette pratique et d’utiliser davantage Internet.

e) La date du Congrès
La date du Congrès est très importante car la fréquentation dépend à son tour de la variété des calendriers universitaires à travers le monde. Ainsi, Oslo a attiré plus d’Américains que Montréal en 1995, mais moins d’Européens. La rentrée aux États-Unis se situant au tout début de septembre, les Américains sont davantage disponibles pour un congrès qui commence au début du mois d’août. Par contre, les Européens, dont l’année universitaire se termine plus tard en juin, sont habituellement en période de vacances et assisteront en moins grand nombre à un congrès en août.

La discussion sur le rapport de Even Lange a été très animée et a permis aux membres du Bureau de s’exprimer et de faire le tour des questions relatives au congrès.

Eva Österberg souligne qu’il ne serait pas raisonnable de postuler une augmentation constante et infinie des inscriptions à nos congrès internationaux. Le public des congrès du CISH est relativement peu élastique et il serait souhaitable d’en tenir compte dans les prévisions. Jean-Claude Robert renchérit sur ce thème en rappelant que la donnée centrale pour l’organisation du congrès est l’établissement de prévisions les plus réalistes possibles des inscriptions de manière à pouvoir projeter les rentrées budgétaires et prévoir un point d’équilibre entre revenus et dépenses. Dans le cas de Montréal, on avait établi le break even point à 1 700 entrées payantes, ce qui avait permis de construire divers scénarios de dépenses tenant compte de l’évolution des entrées payantes. En particulier des dépenses très lourdes comme les réceptions pouvaient être ajustées au dernier moment (souvent à 24 ou 48 heures de préavis) de manière à permettre au Comité d’organisation d’ajuster les dépenses aux revenus. Even Lange soulève un autre point important pour le prochain congrès: le service de Professional Congress Organizer (PCO) auquel ils avaient fait affaire a tardé à leur transmettre les données des inscriptions et des dépenses, ce qui a sérieusement compliqué le processus de prise de décision. Jean-Claude Robert rappelle que les Congrès de 1990 (Madrid) et de Montréal (1995) ont dégagé des surplus; le fait que le Congrès d’Olso ait fait un déficit apparaît plutôt comme l’exception.

Par ailleurs, le niveau des frais d’inscription soulève beaucoup de débats. La recommandation du Comité d’organisation norvégien d’augmenter de façon significative les frais d’inscription pour le prochain congrès n’obtient pas d’appui de la part des membres du Bureau. La majorité est d’avis que la hausse doit être progressive et surtout doit impérativement tenir compte des frais de base demandés pour le congrès d’Olso en 2000. Entre Montréal et Oslo, la hausse avait été de 15%.

L’image de marque du CISH suscite davantage de consensus. Les membres du Bureau s’accordent pour considérer que le congrès quinquennal du CISH doit continuer à offrir un programme qui tienne compte de l’évolution de l’ensemble de la discipline et qui s’attache aux questions susceptibles d’interpeller tous ses membres, quelle que soient leur spécialité à l’intérieur de la discipline historique.

La procédure d’appel de communications suscite beaucoup d’intérêt chez les membres du Bureau. Nombreux sont ceux qui trouvent la procédure actuelle trop contraignante. Les contributeurs possibles sont nombreux et beaucoup de membres du Bureau ont reçu des plaintes de collègues qui se sont sentis exclus de la sélection. La possibilité est évoquée de laisser un certain nombre de places libres dans les équipes de communiquants. Toutefois cela pose un double problème. Le premier est lié à l’obligation de publier un programme dans ses versions préliminaire et finale le plus tôt possible, car les organismes subventionnaires désirent généralement la preuve qu’une communication est acceptée et mise au programme avant d’accorder une subvention de déplacement. Le second est lié à nos procédures: dans la mesure où il y a préparation d’un rapport qui doit être présenté lors de la séance, il faut que le rapporteur ait le temps de recevoir une copie des communications finales, de les lire et de rédiger son rapport. Une certaine marge de manœuvre existe sans doute, mais elle n’est pas très grande.

La discussion touche aussi la distinction de plus en plus ténue entre les séances consacrées à des thèmes spécialisés et les tables rondes. Il semble qu’un glissement soit survenu à Oslo tendant à confondre les deux types de séance. Ainsi, alors qu’à l’origine la notion de table ronde impliquait une problématisation très forte, dans le sens d’un «work in progress», avec le temps cette distinction s’est estompée. De plus, Michael Heyd souligne que les présidents de table ronde ont peut-être tendance à intervenir trop longuement, ne laissant pas suffisamment de temps aux autres panélistes et in fine aux débats.

La question de la publication des Actes est discutée ensuite. Il se dégage rapidement un consensus à l’effet que les résumés des communications ne soient plus publiés et qu’ils soient plutôt rendus accessibles sur le site Internet du Congrès. Seuls les rapports seraient publiés, avec la liste des communications. Cela permettrait de réduire l’ampleur du travail et de faire un volume plus facile à consulter et à manipuler.

Au nom de tous les membres du Bureau, Jürgen Kocka remercie Even Lange, président du Comité d’organisation du XIXe Congrès International des Sciences Historiques, à la fois pour le travail d’organisation du Congrès et pour son rapport qui sera fort utile pour l’avenir.

5. Rapport sur le congrès de Sydney

Martyn Lyons, président du Comité d’organisation australien, présente un court rapport sur l’état des réflexions et des travaux sur le Congrès de Sydney, en 2005. Il s’inscrit d’abord dans la continuité du Congrès d’Olso en précisant son accord avec toutes les recommandations et les remarques faites par le président du comité d’organisation norvégien. Il rappelle les dates prévues pour le Congrès, soit du 4 juillet au 11 juillet 2005. Compte tenu des commentaires faits en séance, il précise que ces dates sont compatibles avec les calendriers universitaires de la région Asie-Pacifique et qu’il est peu probable que ces dates puissent être retardées. Le Comité chosira prochainement un organisateur professionnel de congrès (PCO) et il a travaillé sur une ébauche de budget préliminaire. Il se base sur un nombre de congressistes assez bas, de manière à tenir compte du coût plus élevé des déplacements vers l’Australie et de son impact probable sur les inscriptions . De plus, cette estimation revue à la baisse permettra de mieux adapter les dépenses du congrès aux revenus et ainsi d’éviter d’encourir un déficit. Le comité propose des frais d’inscription de 250 $ US.

6. Architecture du Congrès de Sydney

Après ces deux rapports et les discussions afférentes, le Bureau examine l’architecture du prochain congrès.

6.1 Les types de séance
Le Bureau fait le point sur les trois types de séance de ses congrès.

6.1.1 Thèmes majeurs
Tous s’entendent sur le nombre de séance plénières qui devrait demeurer à trois. Toutefois des modifications sont proposées pour l’avenir. Ainsi, il est suggéré qu’au moins un des trois thèmes majeurs soit présenté par un collègue reconnu pour sa contribution au thème, un peu sur le modèle d’un «keynote speaker». Un ou deux rapporteurs pourraient donner la réplique et stimuler les débats autour de la question. La séance se déroulerait comme maintenant sur toute une journée. La présentation des thèmes majeurs pourrait aussi laisser plus de place aux approches interdisciplinaires.

6.1.2 Thèmes spécialisés
Les séances des thèmes spécialisés ont fait l’objet de plusieurs commentaires. Le premier touche la trop grande place que prend le rapporteur dans la séance. Comme l’ont fait remarquer William Jordan et d’autres membres du Bureau, les collègues viennent d’abord écouter des communications annoncées dans le programme et préparées par des auteurs. Comme le thème du rapport n’est pas connu, ils ne sont pas attirés par lui. Il est donc important de laisser davantage de place aux auteurs. Il est proposé qu’à l’avenir, les séances des thèmes spécialisés fonctionnent de la façon suivante: l’Organizer ou le Rapporteur fait une présentation du thème en 5-10 minutes environ. Chacun des contributeurs dispose de 15 minutes pour faire sa communication et le rapporteur termine par son exposé, de 15 minutes également, insistant sur les pistes ouvertes par les communications et soulevant des points pour la discussion. Ainsi la fonction de rapporteur et de celle de discussant se trouve fusionnée en quelque sorte. L’essentiel sera de prévoir aussi un minimum de temps pour la discussion (environ 40 minutes).

6.1.3 Tables Rondes
Les tables rondes devraient revenir à leur format d’origine, c’est-à-dire celui d’un moment privilégié pour stimuler la discussion autour d’une question historique qui est davantage d’actualité ou qui suscite de la controverse. La notion de work in progress est ici centrale. Il faut bien distinguer les deux types de séance et ne pas considérer les tables rondes comme des thèmes spécialisés «junior». L’opinion des membres du Bureau sera importante pour déterminer ce qui peut faire l’objet d’une table ronde et ce qui est davantage une session de thème spécialisé. Au besoin, le Bureau pourrait considérer augmenter le nombre de thèmes spécialisés.

6.1.4 Équilibre entre les séances
La répartition des séances à Oslo a été de 3 thèmes majeurs, 20 thèmes spécialisés et de 25 tables rondes, par rapport à 3-16-34 à Montréal. Poursuivant dans cette logique, le Bureau propose pour le congrès de Sydney 3 thèmes majeurs, 25 thèmes spécialisés et 20 tables rondes.

6.1.5 Séances d’ouverture et de clôture
Le choix de la séance d’ouverture revient au Bureau. Nous avons tenté jusqu’ici plusieurs formats, celui de Montréal, avec des présentations sur vidéo, discutées par un panel en salle et celui d’Oslo, avec trois présentation en salle. Et il reste toujour l’option de la conférence inaugurale. Le Bureau continuera d’examiner le dossier. Le choix de la séance de clôture est laissé au Comité d’organisation local et nous devons laisser du temps aux collègues australiens pour y réfléchir et faire des propositions.

6.2 Appel de communication et choix des contributeurs
Le Bureau convient de procéder avec plus de souplesse pour le choix des contributeurs. Néanmoins, il devra tenir compte d’un certain nombre de facteurs, dont l’équilibre entre les pays et les régions du monde, l’équilibre des sexes et les délais de préparation des rapports. Il est proposé de laisser davantage de marge de manoeuvre aux Organizers. Toutefois, les délais demeurent contraignants: à titre d’exemple, pour publier un rapport en juillet 2005, il faut que les organisateurs du Congrès de Sydney reçoivent les textes au plus tard en mars 2005; pour que les rapporteurs puissent préparer leur intervention, ils doivent avoir en mains les textes des communications au plus tard en octobre 2004. Il faut donc que les contributeurs soient choisis au plus tard à la fin de 2003.

6.3 La publication des Actes
La décision est prise de ne publier que les rapports des séances et la liste des communications. Les résumés seront disponibles sur Internet.

6.4 Frais de déplacement des collègues du Sud et de l’Est
Eu égard à la transformation des Actes, le Bureau décide qu’à l’avenir le montant de 45 000 FS qui était destiné à la publication des Actes soit consacré aux dépenses de voyage et de subsistance des collègues du Sud et de l’Est.

6.5 Thèmes du congrès de Sydney
Les Comités Nationaux et les Organismes Internationaux Affiliés ont jusqu’au 30 septembre pour faire parvenir leurs propositions. Les membres du Bureau examinent les différentes avenues pour des thèmes majeurs. Le Président rappelle qu’à Oslo, nous avions choisi le millénaire et des questions de périodisation de l’histoire. Il suggère que les thèmes majeurs correspondent à des thèmes qui ne sont pas traités généralement dans les congrès plus spécialisés, de manière que le CISH contribue à faire tomber les barrières entre les histoires et les historiens. Un thème qui lui semble devoir s’imposer est un regard sur l’histoire d’un point de vue extra-européen, en quelque sorte une vision de l’histoire du monde par les différentes cultures. Koichi Kabayama abonde dans le même sens et suggère fortement une focalisation sur l’Océanie/Pacifique et sur l’histoire extra-européenne. Ivan Berend propose la question fort complexe de la mondialisation, en particulier à travers ses dimensions économiques et culturelles. Il plaide en outre pour une approche interdisciplinaire. Eva Österberg propose aussi une perspective non européenne et suggère de s’intéresser aux phénomènes trans-nationaux comme par exemple l’être humain et la nature humaine, ou encore l’organisation informelle de la société (rapports d’amitiés, de convivialité). Elle souhaiterait une thématique plus conceptuelle ou théorique. Catherine Coquery-Vidrovitch propose quatre thèmes: l’histoire du monde d’un point de vue non-européen; les relations entre les cultures et la mondialisation; l’histoire comparative; la chute des empires dans l’histoire. William Jordan propose quelques thèmes autour des droits de l’Homme: les idées et les pratiques des droits de l’Homme; la dimension morale de l’être humain comme valeur spécifique; les cultures et leur impact sur les droits de l’Homme et la contestation (trumping) de la souveraineté nationale par l’application des chartes des droits de l’Homme. Pierre Ducrey intervient pour rappeler la nécessité de faire place, dans nos thématiques, à l’Antiquité. Martyn Lyons suggère une meilleure appellation que «non-européen», car elle peut sembler condescendante. Il suggère le thème des conflits culturels (cultural clashes) et de l’interpénétration culturelle, ainsi que le thème des nouvelles sociétés transplantées (Settler society). Eva Österberg souhaite un thème majeur qui soit résolument théorique, comme par exemple celui de l’identité de l’histoire entre la littérature et les sciences sociales.

Le Bureau met sur pied un comité d’examen des propositions de thèmes. Il est formé de Eva Österberg, Jürgen Kocka et du Secrétaire général. Il se réunira à Berlin en mars 2002 pour étudier les suggestions et proposera au Bureau une thématique pour le Congrès de Sydney. Cette proposition sera ensuite discutée par le Bureau à sa réunion d’Amsterdam puis par l’Assemblée générale, qui devra se prononcer sur l’ensemble de la thématique.

7. Plan d’action du CISH
Le président a préparé un exposé de mission du CISH qui a été discuté par les membres du Bureau restreint. Dans le prolongement de ces idées, la discussion porte sur les divers objectifs que pourrait poursuivre le CISH d’ici au Congrès de Sydney. Dans un premier temps, le Secrétaire général rappelle l’importance d’intéresser et d’intégrer les Comité Nationaux et les Organismes Internationaux Affiliés dans le processus et de voir avec eux ce qu’ils pourraient faire pour soutenir les grands objectifs du CISH. Dans cet ordre d’idée, on demande aussi aux membres du Bureau de préciser dans quels domaines ils seraient prêts à intervenir.

8. Divers
Le Bureau devra penser aux élections de 2005, car l’Assemblée générale de 2002 doit nommer la Commission de nomination, formée de sept membres, dont trois appartenant au présent Bureau. Cette Commission doit préparer, pour le congrès de Sydney, les mises en candidatures pour les postes de président, trésorier et secrétaire général, ainsi que pour le renouvellement par tiers des membres du Bureau.

9. Session spéciale sur les présentations scientifiques

Session spéciale de la Réunion du Bureau du CISH

Princeton, le 26 août 2001

Séance de présentation de travaux d’historiens.


Comme il en a pris l’habitude, le Bureau a demandé à l’organisateur de la réunion de Princeton, de prévoir quelques présentations de jeunes historiens américains. Trois communications étaient au programme et William Jordan a fait les présentations:

Andrew Isenberg, Princeton University, «The Alchemy of Hydraulic Mining: Ecology and Culture in Gold Rush California, 1850-1885»

Khaled Fahmy, New York University, «Mehmed Ali Pasha / Muhammad ‘Ali Basha between Ottomanists and Egyptian Nationalists: An Historiographical Critique»

Samantha Kelly, Rutgers University, «Robert of Naples and Fourtheenth-Century Kingship»

Les présentations ont été suivies d’une période de discussion animée et, au nom du Bureau, le Président Jürgen Kocka a félicité remerercié les présentateurs.

 
 

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